Indice de masse corporelle et hyperplasie bénigne de la prostate : existe-t-il un lien ?
Hypertrophie bénigne de la prostate

Indice de masse corporelle et hyperplasie bénigne de la prostate : existe-t-il un lien ?

L'Indice de masse corporelle (IMC) est un indicateur lié au poids et à la taille, et c'est un bon moyen d'évaluer si le poids d'une personne est bien proportionné à sa taille. On sait déjà que l'IMC est lié à différents paramètres biométriques, mais aussi au mode de vie, et qu'il peut indiquer la présence de divers troubles. Le lien entre l'IMC et l'état de santé a longtemps fait l'objet de recherches par la communauté scientifique : Parmi les nombreuses corrélations qui sont ressorties des différentes études menées sur le sujet, l'une des plus intéressantes concerne la prostate.

Plusieurs études ont suggéré l'existence d'un lien entre l'indice de masse corporelle et le volume de la prostate : une méta-analyse datant de 2011 et publiée dans la revue Prostate Cancer and Prostatic Disease, portant sur 19 études sur le sujet, a mis en évidence qu'un IMC élevé était lié à un risque plus élevé d'apparition d'une hyperplasie bénigne de la prostate. Plus récemment, un article publié en 2019 dans le American Journal of Men's Health, a trouvé "une association linéaire significative entre l'IMC et le risque d'augmentation du volume de la prostate chez les patients atteints d'hyperplasie bénigne de la prostate."

Une étude publiée en 2021 dans la revue BMJ Urology par une équipe de chercheurs de l'Université d'Arizona corrobore davantage l'hypothèse de l'existence d'une telle corrélation, en ajoutant des informations liées à la génétique. Les auteurs de cette étude disent avoir observé "une corrélation positive entre l'IMC et le volume de la prostate", et que le phénomène est également lié à l'expression de deux gènes probablement impliqués dans l'obésité, l'alpha2-macroglobuline (A2M) et le facteur de croissance transformant bêta-3 (TGFB3). Prises dans leur ensemble, ces études suggèrent donc que plus le surpoids est important, plus le risque de développer une hyperplasie bénigne de la prostate est élevé.

Joel T. Funk, l'un des auteurs de l'étude  explique à Urology Times ,"Nos résultats constituent un aperçu intéressant aidant à mieux comprendre les causes et les composantes génétiques déterminant l'apparition de l'hyperplasie bénigne de la prostate". La corrélation a été mise en évidence en étudiant 278 patients ayant subi une intervention chirurgicale pour traiter une occlusion bénigne de la prostate du fait d'une hyperplasie bénigne de la prostate entre octobre 2012 et juin 2018. Les auteurs précisent qu'à l'heure actuelle, les directives relatives à l'hyperplasie bénigne de la prostate recommandent de traiter les patients au moyen d'un traitement médical et de ne recourir à la chirurgie qu'en cas de progression de la maladie. Mais on ne sait toujours pas quels patients montrent une évolution, ni pourquoi. Les résultats de cette étude permettront donc de comprendre dans quelle mesure l'indice de masse corporelle et une éventuelle prédisposition génétique à l'obésité exposent au risque de développer une hyperplasie bénigne de la prostate, et par conséquent de mieux identifier quels patients devraient bénéficier d'un traitement médical et lesquels devraient bénéficier d'un traitement chirurgical.

En attendant des recherches plus approfondies, il est toutefois essentiel de rappeler qu'un mauvais mode de vie peut influer à la fois sur l'augmentation de l'IMC et sur l'apparition de l'hyperplasie bénigne de la prostate : pour cette raison, il est particulièrement important de faire attention aux habitudes, en pratiquant une activité physique régulière, en évitant la consommation de tabac et d'alcool, et en suivant un régime alimentaire sain et équilibré. Il reste important de faire très attention à ne pas modifier radicalement son alimentation, mais de toujours consulter un médecin ou un nutritionniste qui proposera, si nécessaire, un régime adapté.

HFTHQ 21-22
Références bibliographiques

Investigators identify positive correlation between BMI and prostate volume. Available online

Li BH, Deng T, Huang Q, et al. Body Mass Index and Risk of Prostate Volume, International Prostate Symptom Score, Maximum Urinary Flow Rate, and Post-Void Residual in Benign Prostatic Hyperplasia Patients. Am J Mens Health. 2019;13(4)

Batai K, Phung M, Bell R, et al. Correlation between body mass index and prostate volume in benign prostatic hyperplasia patients undergoing holmium enucleation of the prostate surgery. BMC Urol. 2021;21(1):88

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